Music Park Newsletter N°3 (Edition spéciale)

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Moussaillons, moussaillonnes !

 

Votez pour moi ! Votez pour moi ! Votez pour moi ! Votez pour moi ! Votez pour moi ! Votez pour moi ! VOTER POUR MOI MOI MOI MOI MOI MOI MOI MOI MOI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Comment, vous ne savez pas?

Dans deux mois il y a les élections régionales, qui innoveront le nouveau découpage des régions qui passe de 22 régions à 13 (http://tempsreel.nouvelobs.com/nouvelles-regions/20150414.OBS7210/regions-riches-regions-pauvres-un-nouveau-decoupage-qui-reequilibre.html). Il paraît que cela réduira les frais de gestion. Pas si sûr puisque l'empilage, ou appelé plus communément mille feuille administratif, de structure reste commune, communauté de commune, conseil départemental, conseil régional (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1210422-reforme-territoriale-de-hollande-pourquoi-le-redecoupage-des-regions-ne-resoudra-rien.html). Mais qu'en est il des DRAC (Direction des Affaires Culturelles) qui pour l'instant ne sont pas rattachées aux régions (http://www.lagazettedescommunes.com/244915/pourquoi-ne-pas-transferer-les-ressources-des-drac-aux-regions-emmanuel-negrier-directeur-de-recherche-au-cnrs/)? A en croire l'auteur de cette article (http://blogs.mediapart.fr/blog/julie-charmoillaux/281014/la-mort-annoncee-des-dracs), on se dirige vers la fin de celles-ci. En fait, que cela soit vraie ou pas, cela ne va pas changer foncièrement la ou les politiques culturelles (nationales ou régionales) de notre pays ou de nos régions, il y aura toujours les petits arrangements entre amis où les mieux placés dans les réseaux claniques profiterons des meilleurs subventions et les miettes seront laisser aux autres, et encore...

La caravelle Music Park, elle, ne compte pas se fourvoyer dans ce jeu de dupe. A quoi bon passer du temps à remplir de belles et pertinentes études de projets pour espérer recevoir quelques deniers des pouvoirs publics, quand vous savez à l'avance quelles sont les ressorts de ces institutions qui vous considéreront surtout à la hauteur de leurs intérêts qui ne seront pas forcément ceux dont ils se font la propagande dans leur diverses plaquettes de présentation et rapports de tout poils (la culture pour tous, etc...) et/mais surtout à la hauteur de leurs « amitiés ».

Music Park vivra ou mourra de l'intérêt que portent les citoyens et les artistes prêts à revêtir l'habit de matelots pour conquérir des libertés non biaisés. Le projet Music Park n'est pas une structure qui compte attirer le « client » par des discours haut en couleurs dissimulant derrière un intérêt commerciale égocentré, comme on put le faire certaines plate-formes de diffusion qui agissent actuellemet de manière, concernant les artistes et les droits d'auteurs, pire que la SACEM (http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/la-plateforme-de-musique-libre-jamendo-lance-un-service-de-licences_1665817.html), Jamendo (http://jamendo-chroniques.over-blog.net/article-jamendo-deezer-des-artistes-laises-108532852.html), ou concernant les auditeurs et la gratuité du service, passant, une fois atteint un certains nombre d'usagers, payant, Deezer,, sans parler des petites magouilles (http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/comment-les-maisons-de-disques-imposent-leur-loi-a-deezer-916711.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1442927961). L'association Music Park est clair, c'est gratuit pour l'auditeur privé, et fonctionne avec une adhésion payante pour les diffuseurs, et elle propose pour ces premières années une adhésion gratuite dont on sait à l'avance qu'elle est payante, adhésion qui est une adhésion à l'association. Ceci n'empêche pas à l'association de proposer des albums payant, (oui les artistes on besoins de vivre ou d'acheter des cordes de guitares et autres), ou de vous inciter à faire des dons à l'association ou aux artistes, voir dans le cadre d'un projet de contribuer à un financement participatif (crowdfunding).

Il ne s'agit à aucun de moment de recréer un système oligarchique comme à pu dénoncer Stephane Ternoise dans son livre La Sacem ? Une oligarchie ! (https://www.librairie-obliques.fr/livre/8625029-la-sacem-une-oligarchie--stephane-ternoise-jean-luc-petit-editions), et il ne s'agit pas non plus de créer une plate forme de diffusion profitable surtout aux créateurs de cette plate forme utilisant une masse d'artistes pour générer des revenus surtout intéressant pour les détenteurs de la plate-forme. Music Park se veut solidaire et équitable, tourné vers les artistes et non le compte en banque de l'association.

Ceci est un combat de tous les instants pour faire comprendre aux artistes l'intérêt d'un tel projet, pourtant à la lumière de cet article (http://www.atlantico.fr/decryptage/streaming-aux-etats-unis-depasse-pour-premiere-fois-ventes-physiques-musique-et-france-va-bientot-suivre-pascal-comas-2348284.html), qui montre à quel point le monde de la diffusion de la musique bouge, et que le cd et le support matériel devient de plus en plus obsolète, même si ici ou là il peut encore générer quelques petits revenus. Mais l'enjeu ne se situe pas là, l'enjeu est dans la prise en main par les artistes eux-mêmes de leur production et de leur diffusion, à la lecture de l'article cité ci-dessus, lorsque l'on lit « Il y a une opacité considérable. Les rapports qui sont émis par les sociétés de streaming sont très peu précis sur le nombre de fois où les morceaux de tel artiste sont joués. La rémunération qui est faite aux artistes pour le streaming, en plus d'être ridicule en termes de pourcentage et en termes de chiffre brut, est de surcroît basée sur des rapports qui sont complètement opaques. Il n'y a aucune transparence. Donc il y a toutes les raisons pour les artistes de ne pas être satisfaits », on comprend à quel point s'en remettre à d'autre est voué à une soumission financière.

Music Park le répète et le répètera, l'enjeu est l'émancipation par la prise de contrôle par les artistes eux-mêmes de la chaîne création, production, édition, diffusion, protocole du droit d'auteur ou dit plus poétiquement de l'accord de guitare jusqu'à l'oreille du mélomane.

Alors moussaillons, entre deux accords de guitares, il va falloir frotter le pont, et c'est parce que vous aurez usé vos guenilles de matelots que le vent vous emportera au-delà des récifs qui bordent et limitent vos espérances.

En attendant moussaillon, je te laisse prendre ton quart.

 

Le moussaillon

 

 

Le mot du président  "Edition spéciale"

 

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Nous allons bientôt aller voter pour les élections régionales, et c'est toujours avec un certain « amusement » que cette date représente pour moi une date anniversaire, un anniversaire de deuil. Il y a des histoires qui se perdent dans les aléas du temps, de l'indifférence, du je-m'en-foutisme et de l'hypocrisie.

Nous sommes en 1997, pour moi, c'est l'année d'une marche de plus dans l'édition du festival de musique « Groove Festival », organisée par l'association « La Sauce Prod » dont je suis la locomotive , festival dédié aux musiques, comme on peut le comprendre », qui groovent, allant du rock au hip-hop, passant par le funk, l'acid-jazz, le ska, le reggae, etc... l'année où tous les espoirs étaient permis. Cette année là, le « Groove » prenait de l'ampleur et passait au statut de festival régional dont le rayonnement s'étendait sur une bonne partie du sud de la France, allant de Marseille, Montpellier, Nîmes jusqu'à Bordeaux. Cette année là, la scène du Groove avait vue entre autre passer sur ses planches, FFF, Tarace Boulba, Spok and the Gway, et bien d'autres. Le festival était une réussite, et même si le festival n'avait pas fait de grande rentrée d'argent bénéficiaire (sans doute trop soucieux de ne pas vouloir faire comme beaucoup de festival, payer les gros mais pas les petits), les promesses d'aides de la part de la mairie se faisaient entendre, l'association devenait même en position d'obtenir des aides pour des emplois aidés. L'horizon s'ouvrait, c'était le fruit d'un travail acharné, souvent mené jusqu'au bout de la nuit, réunion, programmation, logistique, communication, gestion, comptabilité, sécurité, partenariat, etc.... Nul n'épargnait sa peine, enfin... comme souvent et surtout dans le milieu associatif et du spectacle, il y a souvent des tires aux flancs avec une bonne part d'hypocrisie, et cela occasionnait plus de travail pour les autres, un poncif, mais d'une manière générale ce fût un bel élan.

 

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Cela laissait entendre que la prochaine édition serait encore plus importante, en artistes, en public, en travail. Après la forte pression que représente un festival de plein air, un gros orage pouvait vous mettre à plat et endetté pour plusieurs années, reprenait dans les salons et les cuisines la préparation de la 4eme édition. Toujours plus haut, toujours plus fort, le festival proposerait pour cette 4eme édition une programmation encore plus poussé avec Kézia Jhones, Silmarils, Ceux qui marchent debout, entre autres, et une troisième soirée dédiée à la musique électronique avec entre autre Laurent Garnier, et toujours le concept du festival non stop entre les changements de plateau des artistes avec des interventions de théâtre de rue et de troupe de percussion (batucada, etc), un village regroupant la restauration, les expos, les artisans, les stand d'artistes et autres.

Le dossier pour l'édition 1998 était prêt et commençait alors une attente, la négociation financière, logistique, administrative, etc, avec la maire qui accueillait le festival. Au vue de la satisfaction du maire de la ville, Le Soler, on envisageait le meilleur, celui-ci m'ayant plusieurs fois remercié  pour ce que je faisais, si surpris que l'on appelle sa mairie de si loin pour avoir des renseignements sur le festival.

 

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Janvier, déjà, le dossier attendait, les semaines passaient, et la mairie tardait à nous recevoir, celle-ci repoussant toujours plus loin le rendez-vous, si important pour savoir sur quelle base on pouvait partir et ainsi conclure des négociations avec les artistes, et l'organisation en générale. Les semaines puis les mois passèrent, et ce fût en avril que nous eûmes enfin ce rendez-vous.

J'ouvris la porte de son bureau, le maire nous attendait, et à peine la porte entre-ouverte, le voilà qu'il leva les bras en disant « je n'ai rien négocié avec le Front National », nous ne nous étions même pas encore serré la main. Nous nous assîmes, l'air désolé de circonstance convenue, celui-ci nous dit que cette année, cela n'allait pas être possible d'organiser le festival sur sa commune à cause......du bruit. Tiens donc, le bruit jusqu'ici jamais évoqué.

Mais pourquoi celui-ci nous avait joué le rôle du footballeur qui vient de faucher un adversaire et qui lève les bras pour dire c'est pas moi, en nous invitant à croire qu'il n'avait rien négocié avec le Front National ? Les élections régionales venaient de se dérouler, et la droite, ou plus précisément l'UDF et le RPR (future UMP et maintenant Les Républicains), avaient remportés plusieurs places de président de régions mais dont certaines avaient été acquises grâce aux voix apportés par les élus du Front National pour l'élection des présidents de région (http://www.persee.fr/doc/pole_1262-1676_1998_num_8_1_992).

Quelques semaines plus-tard, une information passait sur France-info relatant une déclaration du Front National qui ne financerait pas la culture dite de gauche dans les régions. Plusieurs semaines après l'élection et après notre rendez-vous chez le maire du Soler, des affiches étaient placardés dans tout le département avec en titre « la Honte » une liste de nom sur lequel figurait le nom du maire du Soler, fraîchement élus vice prédisent de conseil régional, affiche signé « Jacques Chirac », (celui-ci venait de gagner quelques point dans mon estime).

La dernière pièce du puzzle tombait, cela était maintenant évident que le festival avait été sacrifié ou avait dégagé, choisissez votre image, sur l'hôtel de la politique. Faut dire que 4 mois avant la Sauce Prod organisait une soirée de soutient au café concert le Sous-marin pour protester contre la fermeture de celui-ci par la mairie FN.

 

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J'ai été voir d'autres maires, d'autre mairies en somme, dont le premier adjoint de la mairie de Perpignan, délégué à la culture, point sur lequel je vais revenir, pour espérer sauver le festival maintenant pris par le temps pour trouver un financement à la hauteur de ses espérances et surtout un lieu et une mairie coopératrice. Malheureusement après plusieurs mairies plutôt de gauche, et même un rendez-vous au partie communiste pour leur emprunter un lieu leur appartenant, je n'avais vue que des sourires en coin laissant apparaître leur ironie et leur cynisme, ou pire leur satisfaction de voir ce festival partir vers la mort.

Je dois dire que même autour de moi, les jaloux qui avaient parfois activement tenté de nuire à l'entreprise, se gaussaient, quand d'autres ironisaient. Pour moi c'était le commencement du « Tiens ils ne se pressent plus pour venir me serrer la main »., un détail technique si j'ose dire.

 

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Le festival ne pouvant se poursuivre, étant le phare et le moteur de l'association, je décidai de faire table rase. Par ailleurs ma vie essuyant quelques moments sombres, j'en ai profité pour partir en voyage. Et quelle ne fût ma surprise quand je rentrai, des affiches rappelant la présentation et la couleur de l'affiche du festival « Groove », un festival appelé Majorca (http://www.ladepeche.fr/article/1999/05/26/179748-le-majorca-festival-penche-entre-deux-eres.html) , à Perpignan, ce sont mes amis qui m'ont mis au courant, ça les avaient frappés. Et la programmation, le concept, les deux scènes, spectacle sans interruption, sauf que eux ont mis les « petits » groupes sur la petite scène et les « gros » sur la grosse scène, le « Groove », c'était les « petits » et les « gros » ensemble et la deuxième scène sert pour les animations de rue qui en ont besoin sachant qu'elles pouvaient plutôt se réaliser au milieu du public ; et dans le style et les différentes soirées on retrouvait le « Groove », même le concept du village. Je le sais d'autant bien que j'y ai été en payant ma place (à ce stade du plagiat, ils auraient pu m'offrir une place). Comme je vous ai dit avant, j'avais rencontré un élu de Perpignan, et je lui avait laissé un exemplaire de l'étude de projet pour la quatrième édition du « Groove Festival ». Ils avaient repiqué beaucoup d'éléments, et avaient programmé un poids lourd international du groove, Urban Species, jolie coup, mais il ne suffit pas de faire de jolie coup sur une programmation pour réussir un festival, tant sur l'ambiance que sur le compte de résultat. Réussire un festival, c'est des économies de bouts de papiers à tout instant et c'est un état d'esprit, tourné réellement vers les gens et les artistes, sinon, c'est sans goût et ça peut coûter cher, ce qui s'est effectivement passé pour ce festival Majora qui bien qu'ayant un peu de monde, bu un bouillon financier qui immunisa les organisateurs contre ce rôle qu'ils s'étaient donnés. On notera aussi que le parti communiste, lui, pourra me remercier de leur avoir « suggérer » de programmer à leur fête du travailleur catalan, la programmation du groupe Silmarils, tant mieux pour les Silmarils !

 

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Personnellement, je n'avais pas décidé de remettre le pied à l'étrier préférant me concentrer sur mon fils et mes aspirations musiciennes. On est venue me chercher, parfois me suppliant, pour participer à des « orgas », j'ai participé à des montages de projets, participer à quelques événements, mais foncièrement c'était mon fils ,( là, j'en suis plus libre), et la musique, celle que je joue. Faut dire que mon approche du monde de la musique, de la culture et du politique a « quelque peu » évolué. Si le projet Music Park a une position aussi militante, sans concession, et alternative, c'est le fruit de cette expérience, liée à toutes les autres, dans l'aventure incessante qu'est un combat pour l'expression artistique dans un système et une société qui s'éloigne de plus en plus de l'équité.

Music Park envisage donc un événement pour l'été prochain, un événement avec comme prérogative « budget zéro », pour cette première édition, les artistes seront remboursées des frais payés à hauteur d'un partage des rentrés d'argents du bar et des donations faites à l'entrée, l'entrée étant sur donation, entre les différent artistes, et suivant les fonds restant ils seront partagés en dons ou paiement d'accords de coproduction aux différents groupes, suivant leur structure administrative. Bien sur, si il peut y avoir quelques fonds récupéré pour le festival pour l'année suivante, cela sera bien venue.

A priori comme vous l'aurez un peu compris, la politique du festival ne sera pas tourné vers les subventions mais vers l'autofinancement, et sa coopération avec une mairie se fera dans une entente cordiale et éthique. D'ici là vous aurez des nouvelles, pour l'instant il va falloir tuer l'ours avant de vendre sa peau.

 

A bientôt,

Nicolas Ferrié