Music Park Newsletter N°7

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Ohé Matelots !

 

Bien content de vous retrouver sur le pont, après un passage au port et des ouragans empêchant toute levée d'ancre. Il n'était pas question ici de trop de bière comme nous affligea le poète au foulard rouge du paquebot show biz, « Il est pas né, ou mal barré, Le crétin qui voudra m'enterrer » ou encore « Et que celui qui n'a jamais titubé, Me jette la première bière », mais de prendre le temps de donner aux couleurs de notre caravelle, la possibilité aux pirates des mers du monde de comprendre dans aux moins deux langues, l'anglais et l'espagnol, ce que nos sillages expriment. Et à peine il était question de larguer les amarres, que quelques soucis de santé retarda le départ pour aller bourlinguer sur les océans tumultueux où les chants des sirènes ont depuis longtemps cessé de conter les légendes des homme libres. Alors ça y est, voilà la septième newsletter que vous attendiez tant.

 

Depuis ces quelques mois, bien s'en est passé entre fourberies et illusions des hommes aux pouvoirs dont les postures nous rappellent ô combien Polichinelle est vivant. Et c'est sans oublier quel ne fût pas ce spectacle annuel aux allures de parodie dans cette ville du sud de la France où l'on se bat pour monter des marches sur un tapis rouge, avec comme carotte un prix, que dis-je une palme, qui cette année à été remis au réalisateur Ken Loach, qui nous a livré un film sur la réalité sociale en Angleterre, illustrant tout autant celle qui existe en Europe. La question ici est comme toujours, quelle sincérité pour ces millionnaires (http://fr.mediamass.net/people/ken-loach/plus-gros-salaire.html) qui jouent aux révolutionnaires tout en pratiquant la compétition, ici économico-artistique, (Cannes c'est avant tout du business), et tout en dénonçant ses méfaits, dans le temple du strass, du luxe, de l'argent et du champagne qui coule à flot. Du haut de son ponton doré, notre « bon pourfendeur » du système ne semble pas s'émouvoir que celui-ci lui remplisse autant son compte en banque, mais se penche tel un seigneur sur ces pauvres victimes de l'ultra-libéralisme pour illustrer ses réalisations cinématographiques qui lui donnerons plus que confort et satiété. Peut-être serait-il bon pour celui qui dénonce le petit nombre qui s'en met plein les poches, soit de se regarder dans un miroir ou mieux encore de se rappeler ou d'apprendre ce que pouvait nous inciter à être ou devenir, un des rares hommes véritables de notre siècle dernier, un de ses appels à l'humanité, « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. ». Maintenant qu'il (Ken Loach) va prendre sa retraite, il pourra méditer longuement sur cette citation de Gandhi.

Il faut dire que sur le tapis rouge, personne ne s'émeut de grand chose, comme de certaines pratiques sexuelles d'un certain réalisateur érigé en grand maître du cinéma et qui était là en invité d'honneur. Au contraire, tout est bon dans le cochon, surtout pour son cv d'artiste, que dis-je, sa biographie. Tel de « bons soldats », rien n'est mieux que d'avoir une médaille de plus accrochée à la poitrine, et ainsi pouvoir prétendre au panthéon des « grands artistes », « tu sais très cher, moi j'ai tournée avec.... ».

Tout cela est symptomatique des maux de notre société dans son ensemble, dont le milieu artistique est sans doute le plus illustrant. Les impostures sont légions à bien des niveaux, dans bien des domaines, ainsi l'affaire du boléro de Ravel (http://www.francemusique.fr/actu-musicale/les-droits-d-auteur-des-oeuvres-de-ravel-un-cas-d-ecole-juridique-129665) est éloquente en matière de « protection des artistes » et de droit d'auteur. Il a été estimé à 50 millions d'euros 'http://www.francemusique.fr/actu-musicale/qui-profitent-les-droits-du-bolero-130127) le montant des droits d'auteur généré par cette œuvre dont les sommes ont circulé de mains crochues à compte offshore (http://www.francemusique.fr/actu-musicale/qui-profitent-les-droits-du-bolero-130127). Alors dans cette histoire, la majeure partie des revenus générés a t-elle contribué à la vie d'un artiste ou à la création?...

C'est toujours pareil, sous prétexte d'une cause, enréalité se cache derrière des objectifs beaucoup plus cupides. (Et concernant « la grande aventure du Boléro de Ravel, l'histoire n'est pas finie, comme nous l'indique cette article sur le site du journal Le Point (http://www.lepoint.fr/culture/benois-co-auteur-du-bolero-des-documents-l-attestent-selon-ses-heritiers-04-05-2016-2036990_3.php) .)

L'imposture, le mensonge, l'hypocrisie sont généralisés, c'est pourquoi le peuple commence à se rebeller et l'on peut voir dans le mouvement « nuit debout » une première vague même si l'on peut se poser des questions sur la nature des intentions de ses initiateurs quand on observe qu'il est précisé sur une de leur dernière pétition (http://leurfairepeur.wesign.it/fr) « Pour pas faire de jaloux, Fakir soutient les deux textes. Et François Ruffin à titre personnel aussi, tout comme Frédéric Lordon. », une mise en avant qui ne semble pas être l'esprit des « nuits deboutistes ». Quoiqu'il en soit ici ou ailleurs les prises de consciences ne manquent pas d'éclore à travers bien des actions comme ce colloque mettant en lumière la simagrée de démocratie dans laquelle nous sommes, (https://www.youtube.com/watch?v=JHFgtzvfH-Y#t=745.040385 / https://www.youtube.com/watch?v=uoklLl-dk4k),

C'est pourquoi pirates de toutes les mers, vous ne devez jamais renoncer à l'espoir que ce monde changera, et n'oubliez pas que ces changements se feront en étant vous même les changements.

 

Le moussaillon

 

 

 

Le mot du président

 

Comme vous l'avez peut être remarqué, le site music-park.org (musicpark.biz) propose désormais une interface en espagnol et en anglais, en plus du français bien sûr. Depuis nous avons observé un afflux plus grand de visites de tous les continents, toutefois pour l'instant la newsletter ne sera pour l'instant éditée qu'en français, mais si une personne motivée éprouve l'envie de nous traduire chaque newsletter en anglais et/ou en espagnol, ça sera avec joie que nous accueillerons sa proposition.

 

Concernant le festival, au vue des « petits tracas » que je viens de vivre, rien est encore décidé si c'est cette année ou l'année prochaine qu'il prendra forme, mais la motivation reste intact. En attendant, nous aurons le plaisir d'organiser une soirée concert au village de Fayet (Aveyron), où la participation aux frais (l'entrée) sera libre, et bien sûr les artistes seront totalement indépendants du cadre de l'adhésion à une société de gestion de droit d'auteur (SACEM et consort), ces prérogatives étant dans l'esprit de l'association Music Park.

 

Dans les dernières nouvelles concernant le droit d'auteur, nous pouvons noter la décisions de La Cour constitutionnelle allemande qui a jugé « que la "liberté artistique" pouvait prévaloir sur les intérêts économiques dans certains cas, déboutant le groupe électro culte Kraftwerk dans une affaire de droits d'auteur aux ramifications potentiellement importantes pour l'industrie musicale », comme nous le relate cet article du site du journal le Parisien (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/allemagne-kraftwerk-perd-une-bataille-juridique-sur-ses-droits-d-auteur-31-05-2016-5844985.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr). Le groupe portait plainte contre l'artiste de rap Sabrina Setlur pour avoir utilisé un sample de l'œuvre de Kraftwerk « Metall auf Metall », sans payer de royalties. Il s'agit là d'une véritable révolution, car cette jurisprudence qui risque de faire tache d'huile en Europe, change totalement la donne en matière de droit d'auteur, surtout sur les œuvres de mash-up dont le hip hop en a fait des heures glorieuses. Mais il est précisé que l'utilisation du sample doit rester mineur dans la nouvelle œuvre, sans toutefois déterminer de façon claire la limite, ici c'est un sample de 2 secondes, à ceci près que répété en boucle, cela peut donc représenter un nombre de seconde plus important dans la nouvelle œuvre, alors quelles seront les considérations d'un tribunal pour un sample de trois, quatre, cinq secondes et ainsi de suite ? Une brèche est ouverte, et je pressens que cela va ouvrir un grand débat, sans doute plus à l'étranger qu'en France où les juges sont formés en matière de droit d'auteur par la société privée de gestion de droit d'auteur, la SACEM ( au passage, un scandale de plus!); surtout quand on sait d'autre part, que la SACEM a une propension importante à maintenir dans l'ignorance ses concitoyens sur des décisions de justice comme par exemple celle sur la diffusion de musique dans les salles d'attente des dentistes et autre médecins. Ceux-ci n'ont plus à payer de redevance à la SACEM depuis 2012, suite à la jurisprudence après l'affaire Marco Del Corso (http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=120443&mode=req&pageIndex=2&dir=&occ=first&part=1&text=&doclang=FR) jugé par La Cour de Justice de l'Union Européenne (http://www.numerama.com/magazine/22025-droit-d-auteur-votre-dentiste-peut-diffuser-gratuitement-de-la-musique.html) ou encore (http://droit-medical.com/actualites/jurisprudences/23241-diffuser-musique-gratuitement-salle-attente) , pourtant vous pouvez constater que la SACEM continue sa propagande par ce lien (ci-après) qui n'est pas un lien ancien car son site a totalement été refait l'année dernière, (https://clients.sacem.fr/autorisations/salle-d-attente).

Concernant le sampling, est-ce un bien, est-ce un mal ? En tant qu'artiste, cela pourrait ne pas me déranger si l'utilisation d'un sample d'une de mes œuvres est indiquée sur cette nouvelle œuvre, car elle peut apporter une mise en lumière de l'œuvre originale. Maintenant, si je suis dans la misère et que l'utilisateur se remplit les poches avec l'aide de ce sample, il n'est pas sûr que cela me donne le sourire.

Ce qui est certain c'est que cette histoire ne fait que commencer, à suivre....

 

Comme vous pouvez le voir, le sujet des droits d'auteur paraît être un sujet complexe mais en réalité il ne l'est pas si l'on considère que cela doit être un moyen d'aider véritablement les auteurs plutôt que d'être un système à générer des revenus exagérés, revenus qui de surcroît seront surtout concentrés vers seulement une petite partie d'artiste, situation inique dû au système de répartition de la SACEM que Music Park a déjà dénoncé à travers le dossier "Droit d'Auteur, Diffusion Musicale et Artistes".

 

 

Alors pour lutter contre cela, Music Park tente d'apporter sa pierre, même si la tendance des artistes n'est pas de vouloir un système plus juste mais plutôt de jouer les coudes afin d'obtenir une place sur le pont doré.

En attendant l'avènement d'une prise de conscience générale, contentons-nous des rayons chauds du soleil qui reprennent leurs droits après cette semaine de pluie.

 

A bientôt !

Nicolas